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Extraits d'interviews
de Catherine Deneuve

| "Benjamin",
c'était un rôle qui me plaisait beaucoup. C'était
une comédie, mais dans un esprit et un ton parliculier. |
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| Même dans "Benjamin" où
j'ai tourné pendant trois semaines un rôle épisodique,
il y avait une progression qui faisait de ce personnage une héroïne,
et cela c'est formidable pour une actrice, car l'on sent qu'il ya
une courbe à suivre, une évolution psychologique à
rendre, en somme quelqu'un que vous faites vivre à travers
vous. |
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| Je n'arrivais pas à faire le deuil d'une
sur qui m'était plus chère que tout. Ne plus jamais
la voir, ne plus jamais la toucher, c'était la seule question.
Quand elle a eu son accident, je venais juste de commencer un tournage,
il a bien fallu que je continue... |
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| C'est une période douloureuse de ma vie.
J'étais dans un nuage. J'ai tourné un peu comme une
automate embrumée. Heureusement, le chagrin n'a pas marqué
le film... |
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| La seule question pour
moi fut de continuer à vivre, de réapprendre à
vivre. Très longtemps, je me suis sentie comme un zombie. Je
n'ai pas arrêté de travailler, j'ai tourné des
films, c'est vrai mais ce sont des souvenirs assez flous, je n'étais
pas du tout en état d'analyser les raisons pour lesquelles
je faisais les choses, j'étais anesthésiée. |
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| Dans un véritable
état d'anesthésie, en prenant beaucoup de calmants sans
doute. Je ne sais pas vraiment comment j'ai pu. Je n'avais pas le
choix, c'était la veille du premier jour de tournage. D'une
certaine façon, j'ai dû sentir que le film m'aiderait
à survivre... J'étais tellement détruite, je
souffrais tant, que là au moins, j'avais l'impression que je
serais entourée, que j'étais contrainte de faire des
choses. Si je n'avais pas été obligée de me lever,
de parler, d'accomplir certains gestes, je ne sais pas dans quoi j'aurais
sombré. Tout valait mieux que de rester seule. |
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Extraits de critiques
| Deville a su parcourir ces chemins
scabreux avec une élégance qui ne dément pas.
Il s'élève ici très au-dessus des agréables
divertissements qu'il nous a déjà donnés. Car,
alors que les garçons de sa génération cultivaient
férocement la violence, avec Adorable menteuse, Ce soir ou
jamais, Lucky Jo, il avait su nous montrer que le temps de la comédie
à la René Clair n'était pas révolu. Cette
fois, il a tiré le maximum de Michèle Morgan, qui joue
en demi-teinte un personnage difficile, de Michel Piccoli, qui, d'abord
séducteur désinvolte, se laisse prendre à ses
propres pièges, de Catherine Deneuve, ingénue libertine
qui connaît d'instinct tous les jeux de l'amour et du hasard. |
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Nouvelles Littéraires 1968
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1968
Couleurs
1h40
Rôle d'Anne |
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Réalisateur
: Michel Deville
Acteurs : Michèle Morgan, Michel
Piccoli, Pierre Clémenti, Francine Bergé, Anna Gaël,
Catherine Rouvel, Odile Versois, Jacques Dufilho
Scénario : Michel Deville, Nina
Companeez
Photo : Ghislain Cloquet
Musique : Jean Wiener
Résumé : Dans la France libertine
du milieu du 18ème siècle, l'éducation sentimentale
et sexuelle d'un jeune homme élevé jusque là loin
des femmes. Au château de sa tante, Benjamin, poursuivi par les
soubrettes délurées et les belles aristocrates, est ému
par la radieuse jeunesse d'Anne de Clessy qui sera son premier amour.
Prix
Prix Louis Delluc 1967
Nominations
Golden Globes 1968 : Film Etranger
Photos du film




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