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Anecdotes sur le
tournage

Marie Bonaparte (1882-1962) était la petite-nièce
de l'empereur Napoléon 1er, princesse de Grèce et du Danemark.
En 1925, elle se rendit à Vienne pour consulter Sigmund Freud au
sujet de ses problèmes de frigidité sexuelle. Il devint
son psychanalyste, mais aussi son maître et son ami. Marie Bonaparte
était une personnalité hors du commun, qui a utilisé
sa position sociale et sa fortune pour promouvoir les théories
scientifiques de Freud et soutenir son travail. Elle a traduit ses livres
en français, et en 1938 l'a aidé à fuir l'Autriche
pour Londres, où il est décédé en 1939. Par
la suite, elle a joué un rôle décisif dans la structuration
de la psychanalyse française.
Le scénario écrit par Louis Gardel et François-Olivier
Rousseau a obtenu le grand prix du meilleur scénario TV remis dans
le cadre du FIPA.
Le tournage se déroule en Autriche, depuis le 31
mars 2003 : à Vienne, ainsi qu'en Basse-Autriche (châteaux
d'Eckartsau et de Tannenmühle) et Haute-Autriche (château Trauttenberg).
Des scènes seront également filmées à Paris,
Saint-Cloud, Saint-Tropez, Maresfield gardens en Angleterre, dans les
montagnes suisses et en Toscane.
Catherine Deneuve et Heinz Bennent étaient mari
et femme dans le film de Truffaut "Le dernier métro".
C'est elle qui a suggéré son nom à Benoît Jacquot
pour le personnage de Freud. Catherine Deneuve a déclaré
en conférence de presse : "Quand je l'ai revu, cela n'a déclenché
aucun sentiment nostalgique en moi, c'était comme une rencontre
avec un vieil ami que je n'avais pas vu depuis longtemps". La fille
de Freud est jouée par Anne Bennent, fille de Heinz Bennent. Christian
Vadim joue l'amant de Marie Bonaparte lorsqu'elle avait 16 ans !
La production a un budget de 6,5 millions d'euros, répartis
entre 13 partenaires.
Extraits d'interviews
de Catherine Deneuve
| C'est une idée
ancienne, un peu flottante. Nous l'avions évoquée avec
Louis Gardel, au moment du tournage de "Fort Saganne"...
Le temps passait. Je connais Célia Bertin, auteur de la très
belle biographie de Marie Bonaparte que j'ai évidemment lue
lorsqu'elle est sortie. Et c'est ainsi, sans hâte, que les choses
se sont imposées. |
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[Ce qui la séduit
dans le personnage]
Je dirais que c'est ce que l'on peut nommer sa virilité. Cette
manière qu'elle a de prendre en main la vie, sa vie, celle
des autres, cette façon qu'elle a d'affronter la réalité,
de savoir faire preuve d'un vrai courage face à des événements
douloureux ou terriblement tragiques. Elle ne se tait pas. Elle est
frontale. C'est bien. |
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| Il me semble que ce qui
est très intéressant dans l'histoire telle que la racontent
Louis Gardel et François-Olivier Rousseau, c'est cette double
dette. Celle que Marie pense avoir à l'endroit de Freud qui
l'a sauvée de l'horrible dépression dans laquelle elle
s'enlisait, celle que Freud a envers elle puisqu'elle lui a littéralement,
plus tard, en échange, sauvé la vie. |
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| Elle est complexe. Et
c'est ce qui est difficile. Elle n'est jamais unie, une. De plus c'est
quelqu'un qui s'observe, qui ne s'aveugle pas sur elle-même
et qui sait parfaitement - en tout cas qui pense le savoir - ce qui
la motive. C'est cela qu'il ne faut jamais oublier devant la caméra,
cette femme est plusieurs... |
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| Il y a ce mystère
du désir de la retouche. Elle a, à plusieurs reprises,
effectivement, subi des opérations... Elle a le sentiment que
son corps ne répond pas. Elle se vit frigide. Elle cherche
des solutions techniques ! Ce qui est assez drôle si l'on veut
bien se souvenir qu'elle est l'une des premières disciples
de Freud et qu'elle devrait commencer par aller chercher ses solutions
ailleurs. Je ne peux m'interdire de penser que cette première
scène du film n'apparaîtra pas comme tragique, mais qu'elle
sera drôle. Il y a quelque chose de cocasse dans la situation,
dans la quête de Marie... ou est-ce ma façon de me défendre
de la cruauté de ce qu'elle subit ? |
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| J'ai été
si heureuse de retrouver Heinz Bennent. Nous avons renoué comme
si nous nous étions quittés la veille... alors que "Le
dernier métro", dans lequel il interprétait mon
mari, est sorti il y a plus de vingt ans... 1980... Et c'est comme
si nous ne nous étions pas perdus de vue. C'est l'un des heureux
mystères de ce métier. L'entente qui ne s'efface pas
et perdure... |
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| [Christian] est Antoine
Leandri, le premier amant de Marie... Bien entendu, ce n'est pas moi
qui joue Marie jeune, mais Marie-Christine Friedrich... qu'on se rassure.
C'est amusant, une petite note ironique de la distribution. |
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| Le cur du film,
c'est la psychanalyse. C'est-à-dire qu'il faut être allongé
sur un divan... dans une position de vulnérabilité extrême.
Je redoutais un peu cet aspect et les longs plans-séquences
qui traduisent ces moments si particuliers entre Marie et Freud. Il
y a une concentration très dense à trouver pour que
l'on donne le sentiment du secret du cabinet et qu'en même temps
tout parle au spectateur. |
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Extraits d'interviews
de Benoît Jacquot
| Il y a longtemps, dit-il,
que nous tournions autour de l'idée de faire un jour un film
ensemble. Je dirais que ces derniers trois ans, cette idée
c'est faite plus pressante. Et le projet de "Princesse Marie"
s'est imposé comme un idéal. |
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| Catherine Deneuve est
avide de tout ce qui a trait à l'intériorité. |
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2003
Couleurs
2 x 90 min
Rôle de Marie Bonaparte
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Réalisateur : Benoît Jacquot
Acteurs : Heinz Bennent, Anne Bennent, Elisabeth Orth, Gertraud
Jesserer, Christoph Moosbrugger, Isild Le Besco, Dominique Reymond,
Didier Flamand, Edith Perret, Christian Vadim
Scénario : Louis Gardel, François-Olivier Rousseau
Photo : Caroline Champetier
Musique :
Résumé : L'amitié de
Freud et de Marie Bonaparte, qui l'a aidé à fuir les nazis.
Photos du tournage



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