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| Ses interviews / Presse 1990-99 / Source inconnue 1999 |
Repères
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Donner rendez-vous à Catherine Deneuve dans un hôtel parisien, un délicieux jour de printemps, ce n'est pas un bonheur, c'est un euphémisme. Blonde comme une rafale, vibrante comme la lumière, chaleureuse à souhait, elle transforme la moindre attente inquiète en certitude apaisée. Ça va être formidable, elle est épatante cette femme-là, forcément il en restera quelque chose. Décaféiné serré commandé, cigarette allumée, elle écoute, sourit. On va parler des péchés, pas les véniels, les capitaux, les capiteux... Elle acquiesce. La vraie gourmandise, ce serait
quoi ? Votre sens de la luxure ? Des limites à l'envie
? Une défense contre l'orgueil
? Une petite avarice ? Résistante à la
colère ? Des dispositions à la
paresse ? Avez-vous un péché
mignon ? Moi aussi j'ai ce truc avec les chaussures, finie la liste du Bon Dieu, on s'est dit qu'on changerait bien certains péchés pour d'autres, qu'on mettrait le mépris, l'indifférence et la bêtise, qu'il y a décidément des choses à revoir là-dedans. Dehors, c'est presque l'été, on a fait la photo ensemble, place Vendôme, sans cinéma, on s'est embrassées avant de partir, en aparté elle a dit : "Les femmes sont des amies, les hommes sont des amants. Avec eux, il y a toujours la possibilité de la séduction, avec elles, il y a celle de l'alliance, de l'entente, du repos". Au moment où j'allais lui dire oui, oui, ça ne nous ferait pas de mal, elle avait filé dans l'air, renonçant à la paresse de l'espace ensoleillé et frais, absoute, en définitive.
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