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Madame Figaro 1989
La première fois que nous vous avons rencontrée,
c'était au bar de l'hôtel Lutetia. Vous portiez des
lunettes noires qui surprenaient dans la pénombre, un jean
beige, une chemise rayée, des ballerines. Vous partiez en
vacances, et n'étiez pas très sure d'avoir du temps
à nous consacrer. Vous avez trouvé que le chocolat
avait un goût bizarre, vous l'avez dit, de cette façon
brusque qui vous caractérise, et vous étiez drôlement
intimidante.
La seconde fois, au même endroit, et sans lunettes noires,
vous étiez en tailleur rosé et escarpins. Des Italiens
se sont approchés. "Vous êtes la Deneuve, vous
êtes la plus belle". Vous avez éclaté de
rire. Les gens qui passaient vous regardaient à la dérobée.
Vous étiez pleine d'idées, volubile. Il y avait comme
un halo de lumière autour de vous, et vous étiez drôlement
éblouissante.
La troisième fois, c'était un jour d'automne, au
journal. Dehors il faisait gris. Assise dans un fauteuil gris aussi,
toute de cachemire beige vêtue, d'inattendus escarpins panthère
aux pieds, vous avez demandé une aspirine. Vous aviez la
grippe. La fièvre vous faisait des yeux brillants, deux petites
taches rouges sur les pommettes, et vous étiez drôlement
attendrissante.
Les autres fois, à Séville, à Paris, dans
la rue, au sous-sol du B.H.V., dans la chaleur des studios, en robe
du soir, comme en trench, tôt le matin, tard le soir, vous
avez joué le jeu de ce numéro spécial, et vous
étiez drôlement professionnelle.
La dernière fois, ici, veste rouge éclatant et jupe
noire, vous regardiez les photos, les maquettes, vous les commentiez
avec passion. Toute l'équipe du journal vous écoutait,
en silence, fascinée, et vous étiez drôlement
sympathique.
Cocktail d'élégance et de fantaisie, mélange
d'ombres et de lumières, amical, convivial, gourmand, spectaculaire
et magique, ce numéro vous ressemble. Nous sommes vraiment
très heureux de l'offrir à nos lecteurs.
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